Retour de la maternité témoignage 2

Il n’y a pas de règles pour décider du retour à la maison d’un bébé prématuré.

Parfois même, nous allons plus vite que la nature, et il peut rentrer chez lui avant le terme réel de la grossesse. Tout dépend de son adaptation à la « vie aérienne » et des traitements dont il doit encore bénéficier.

Mais on tient également compte de vos possibilités, en tant que parent, à prendre en charge ce bébé qui demande souvent plus de soins que les autres. En principe, le retour de votre tout-petit est possible s’il fait ses nuits (pour ne pas vous épuiser), s’il boit normalement et ses besoins en oxygène, dans le cas ou il a été sous assistance respiratoire, sont réguliers sans exiger un ajustement quotidien.

Tout au long de son séjour en service de néonatologie, vous avez passé de longues heures auprès de votre bébé. Vous avez surveillé ses progrès et tremblé quand il allait moins bien. Par votre amour, vous lui avez communiqué l’envie de vivre. Pour les très grands prématurés, nés avant 28 semaines de grossesse, chaque étape est vécue comme une nouvelle naissance.

Vous vous rappelez le jour où il a pu enfin respirer tout seul, le jour où on vous a permis de le prendre dans vos bras, le jour ou il a pu téter tout seul sans avoir besoin du petit tube gastrique. Vous avez appris à faire les gestes de soins quotidiens avec l’aide de l’équipe soignante. Et maintenant que la date de sortie approche, on vous entoure davantage encore et on vous invite à poser toutes les questions qui pourraient vous inquiéter.

Quelques jours avant votre sortie, vous avez un entretien avec la puéricultrice. C’est elle qui rassemble les instructions concernant votre bébé, les ordonnances, le régime alimentaire, le calendrier de visites de contrôle, les personnes à appeler si vous avez besoin de conseils et les numéros d’urgence. Elle s’assure que vous avez fait provision de tout ce dont votre enfant aura besoin. Si votre bébé nécessite encore une assistance respiratoire, la puéricultrice organisera une rencontre avec le service qui le suivra chez vous pour contrôler sa bonne oxygénation et vous fournira le matériel nécessaire. Tout est fait pour que vous puissiez partir tranquille.

Si on vous a autorisés à emmener votre bébé à la maison c’est qu’il va bien. Vous verrez que très vite il appréciera le calme. En néonatologie, votre bébé a été très entouré. Rassurez-le et parlez-lui beaucoup. N’hésitez pas à le prendre dans vos bras, sans pour autant le surprotéger. Si votre enfant est encore très petit, il aura peut-être besoin de huit tétées par jour et il boira plus lentement q’un bébé né à terme. Pendant quelque temps, il est possible qu’il ne fasse pas des nuits complètes.Demandez au papa de vous relayer. Si vous allaitez, tirez votre lait pour le biberon de nuit.

Ensuite, il suffit de suivre quelques règles s’appliquant à tous les bébés.

    Couchez-le sur le dos et gardez-le auprès de vous si cela vous rassure.
    Abstenez-vous de fumer en sa présence, surtout s’il a eu des problèmes respiratoires.
    Évitez de le mettre en contact avec des personnes enrhumées, même s’il s’agit de ses frères et sœurs, pour éviter de le contaminer.
    Par beau temps, promenez-le. Mais ne l’exposez pas au soleil direct, au vent, à la pluie ou au brouillard et tenez-le loin de la pollution, des pots d’échappement.

Prenez rendez-vous rapidement avec votre pédiatre et assurez-vous de sa disponibilité en cas d’inquiétude.

Mais appelez– le de toute urgence si votre bébé a du mal à respirer et s’essouffle au moment de la tétée, s’il semble enrhumé de façon permanente, s’il a plus de 38° C de température, s’il somnole ou s’il refuse de manger, de même que s’il semble avoir mal, devient pâle ou n’a pas le même teint que d’habitude.

Au début, à la moindre inquiétude, vous pourrez appeler le service à n’importe quelle heure du jour et de la nuit ou même vous rendre directement à l’hôpital. Ses vaccins et sa surveillance seront assurés par votre médecin. Il tiendra compte de l’âge corrigé. En principe, vous pouvez faire garder votre petit comme les autres.

Il y a cependant une petite fragilité des voies respiratoires et il faut éviter, dans la mesure du possible, les infections, les bronchites et les bronchiolites qui sont plus fréquentes en crèche. Votre bébé passera des contrôles réguliers dans le service de néonatologie.

Les premiers six mois, c’est une visite mensuelle, puis tous les trois mois. On surveillera son développement psychomoteur, ses progrès et ses acquisitions, en ce qui concerne la vision, l’ouïe, le langage, la motricité mais aussi sa courbe de poids, de taille et de périmètre crânien.

Mais quand l’enfant aura environ 2 ans, il sera temps d’oublier sa prématurité et tous le calculs d’âge corrigé et d’âge réel. Dès l’âge de 15 mois, vous allez vous rendre compte que les différences s’estompent, que votre bébé rattrape son retard et se développe aussi bien que les autres.

A lire :

– Une si longue naissance de Françoise Loux,
un témoignage de maman mais aussi d’ethnologue. Ed. Stock.

-L’aimer avant qu’il naisse, de Jean Pierre Relier, en collaboration avec Louise L.
Lambrichs, qui met à la portée de tous ses trente ans d’expérience en tant que chez de service de néonatologie. Ed. Robert Laffont,

– A l’écoute du bébé prématuré, par Catherine Druon,
pour comprendre l’aide qu’on peut trouver auprès d’une psychanalyste afin de mieux accepter une naissance prématurée. Éditions Aubier.

Source : Famili, par Herma Dervan avec Odile de Berthmann,
pédiatre au service de néonatologie de l’hôpital Cochin