Les chocs et les chutes

Les chutes, qu’elles surviennent à la maison, dans le jardin ou sur une aire de jeux, sont à l’origine de plus de la moitié des traumatismes subis par les moins de 5 ans. Le plus souvent, elles se soldent par de simples bleus, bosses et écorchures, mais peuvent occasionner des plaies plus importantes, surtout si la petite victime tenait un objet coupant ou piquant. Dans 15 % des cas , il y a entorse ou fracture, généralement peu graves à cet âge-là. 50 % des chutes provoquent un traumatismes crânien.

LES BONS RÉFLEXES

La gravité du choc dépend évidemment de la hauteur de la chute et du type de revêtement du sol sur lequel elle se produit. Chez le tout petit, une fois sur deux c’est la tête, volumineuse et lourde par rapport au reste du corps, qui est touchée. Heureusement, de nombreux chocs sur la tête sont bénins et ne laissent aucune séquelle.

 L’enfant est tombé de sa hauteur ou de moins d’1,30 m ?
 Il y a des fortes chances pour qu’il s’en tire avec une grosse bosse. Celle-ci n’est rien d’autre qu’un hématome, donc un vulgaire bleu, qui se développe dans les zones de la peau fine et tendue, juste devant une surface osseuse. Voilà pourquoi elle pousse sur le crâne et le front, le nez, le devant du tibia, la hanche, la cheville et la rotule. Partout ailleurs, comme pour tous les hématomes le sang venu des vaisseaux éclatés se répand dans les tissus mous avoisinants.

 Pour aider un bleu ou une bosse à se résorber et anesthésier un peu la douleur, il suffit d’appliquer un gant de toilette ou un mouchoir contenant de la glace. Ou à défaut, une compresse froide que l’on maintiendra en place pendant cinq minutes au moins. Il existe en pharmacie un produit réfrigérant spécial, présenté en aérosol. Une solution ou une pommade à base d’arnica se révèlent également efficaces.

 La grosseur dégonfle, en général, en deux ou trois jours, mais certaines peuvent mettre deux semaines à disparaître totalement. Si elle est très proéminente et ne diminue pas de volume, c’est que la poche de sang n’est pas résorbée. Il faut alors consulter un médecin, qui choisira s’il est nécessaire d’inciser cet « oeuf de pigeon » affin d’évacuer le sang accumulé. De même, si l’hématome devient rouge et chaud, cela impose de consulter dans la journée. Dans tous les cas pensez à lui donner un analgésique pour soulager la douleur.

 L’enfant est tombé de plus haut ? :A-t-il perdu connaissance ? C’est en fait la seule question à se poser, car le comportement du petit après l’accident détermine la conduite à tenir.

Il crie ou pleure immédiatement. Dans ce cas tout va bien. Une simple surveillance s’impose durant 48 h, pour vérifier si le comportement de l’enfant demeure normal.

En revanche, il faut appeler les services d’urgence ou emmener le petit à l’hôpital si les signes suivants apparaissent :

     maux de tête violents,

    vomissements,

    saignements par le nez ou les oreilles,

    perte de vision ou d’audition,

    vertiges ou paralysies,

    somnolence ou perte de connaissance,

    convulsion,

     perte de mobilité de tout ou partie d’un membre.

Dans de rares cas, le traumatisme subi entraîne un hématome sou-dural qui exige une intervention rapide, ou peut provoquer un œdème cellules cérébrales. Même si vous ne constatez aucune anomalie, réveillez cependant l’enfant toutes les 3 heures durant la nuit suivant la chute. C’est la meilleure façon pour qu’un état comateux ne passe pas inaperçu. Dans la grande majorité des cas, vous serez entièrement rassurée.

 L’enfant reste inanimé sur le sol durant quelques instants, puis revient à lui.
 Consultez immédiatement un médecin. Dans 9 cas sur 10, celui-ci renvoi l’enfant chez lui, avec les mêmes consignes de surveillance que dans le cas précédent.

 la perte de connaissance se prolonge. Appelez le Samu (15) ou le pompiers (18). En attendant, couchez l’enfant avec précaution sur le côté, en position latérale de sécurité, tête légèrement rejetée en arrière. Et s’il ne respire plus commencez le bouche-à-bouche, enfant sur le dos et les épaules soulevées. POSITION LATÉRALE DE SÉCURITÉ Lorsque l’enfant présente un trouble de la conscience mais qu’il respire il est important de le placer dans cette position en attendant les secours pour éviter que sa langue ne chute en arrière et recouvre les voies respiratoires ou que des vomissements, de la salive ou du sang inondent ses bronches et l’étouffent. Allongez-le, placez-vous à genoux à côté. Placez le braz de votre côté, perpendiculaire à son corps et la main opposée sur votre épaule. Pliez la jambe opposée sur la cuisse. Tournez l’enfant en le tenant par l’épaule et le bassin et en le faisant pivoter vers vous jusqu’à ce que le genou de la jambe pliée touche le sol. La tête suivra le mouvement et viendra se poser sur le petit coussin de linge (ou tricot plié) que vous aurez pris soin de poser près de lui au début de la manœuvre.

 A CHAQUE ÂGE SES RISQUES

     L’enfant n’est pas encore autonome : A ce stade de son développement psychomoteur, il tombe, le plus souvent des bras d’un adulte ou d’un grand enfant ou du haut d’un accessoire de puériculture.

     7 à 9 mois : il commence à ramper. Dès ce moment, on peut craindre les chutes dans les escaliers et même la défenestration.

     A partir de 18 mois : les risques d’accident s’élèvent alors considérablement. Le petit diable trotte partout, se cogne aux angles des meubles, escalade les chaises qui basculent. Heureusement il devient aussi capable de comprendre des explications simples. C’est le moment idéal pour commencer à lui désigner les dangers et à l’accompagner dans ses expériences. Apprenez lui à descendre l’escalier à reculons, lentement, marche après marche, et à ne jamais courir avec un objet pointu ou coupant à la main.

Source : Les cahiers pratiques de Parents magasine, par le Dr Jean Lavaud, médecin des hôpitaux, responsable du SMUR pédiatrique de l’hôpital Necker.