La nutrition

Un an marque, dans le développement habituel des enfants, une étape décisive, il peut se tenir debout, il commence à comprendre le langage, il dit ses premiers mots.

Ces acquisitions s’accompagnent de deux phénomènes très importants sur le plan nutritionnel : l’équipement dentaire permet de mâcher des aliments de consistance ferme sans être dur et l’équipement enzymatique du tube digestif est au complet et permet à l’enfant de consommer les mêmes aliments que les adultes.Les bases de l’alimentation variée sont les mêmes pour tous, seules les quantités changent. L’alimentation variée permet de répondre aux multiples besoins de l’organisme. Pour gérer facilement les principes de l’alimentation variée, la notion de groupes d’aliments est essentielle.

 Les groupes rassemblent des aliments ayant en commun certaines caractéristiques nutritionnelles les rendant, de ce fait, interchangeables.

Les groupes d’aliments

     le lait, les yaourts, les fromages Ils fournissent : des protéines de bonne qualité, du calcium (sans produit laitier, il est impossible d’assurer les apports recommandés), des matières grasses dont le pourcentage conditionne la teneur en vitamine A, les vitamines autres que la vitamine A.
    Comment les proposer ? Pour assurer l’apport en calcium il convient d’habituer l’enfant à consommer du lait ou des yaourts ou des fromages. Au fur et à mesure que l’enfant acceptera les morceaux, on peut lui proposer des lamelles de fromage accompagnées de pain. Il est souhaitable de varier les choix et les saveurs afin que l’enfant s’habitue aux goûts spécifiques de chacun d’entre eux.
    Quel lait utiliser ? Après un an, le lait de suite est moins nécessaire- et l’enfant peut consommer du lait entier ou ½ écrémé suivant les habitudes de la famille. Il existe des laits recommandés pour des enfants de 1 à 3 ans. Ce sont les laits de croissance conformes à la législation des laits de suite. Ils ont l’intérêt d’apporter du fer et des acides gras essentiels.

    les viandes, les abats, les poissons, les oeufs
    Leurs intérêts :
    nutriments : si les viandes et les poissons apportent à peu près les mêmes quantité de protéines, les teneurs en matières grasses sont différentes. La teneur en matières grasses des poissons est bien moins élevée que celles des viandes, à l’exception des sardines, du saumon, des maquereaux. Les graisses du poisson ont l’intérêt d’être riches en acides gras essentiels particuliers.
    minéraux : ce sont les seuls aliments apportant du fer bien utilisé par l’organisme (contrairement au fer d’origine végétale).
    vitamines Quelle quantité ? En priorité l’apport en protéines de haute valeur biologique chez enfant se fait par le lait et les produits laitiers. La viande, le poisson et les oeufs viennent en complément. Entre 1 et 3 ans dans la journée un enfant peut consommer 30-50 g de viande moulinée ou coupée en petits morceaux ou de poisson émietté, ou un oeuf. Si un enfant consomme beaucoup de produits laitiers, il peut manger moins de viande, de poisson ou d’œuf, mais à long terme il pourrait manquer de fer. Un enfant ne consommant pas du tout de produits laitiers peut manger plus de viande mais il manquera de calcium.
    Quelle préparation ? Toute recette contenant peu de matières grasses et faite sans alcool convient à l’enfant à partir du moment où elle lui plaît.

    les légumes et les fruits Leurs intérêts :
    ils sont riches en eaux (80-95%).
    ils sont des sources de sels minéraux, potassium, phosphore, magnésium, oligo-éléments, peu de calcium (à part les choux).
    ils apportent des sucres, plus particulièrement les fruits.
    ils sont les principales sources de vitamines C, de carotène. Les légumes à feuilles apportent de l’acide folique.
    ils sont constitués de cellulose qui se gonfle d’eau dans l’intestin, accélère le transit et prévient la constipation.
    Quelle place donner aux légumes et aux fruits ? Si le plat de légumes du jour ne suscite pas d’enthousiasme, on proposera à l’enfant plus de fruits et l’équilibre alimentaire sera préservé. L’expérience montre que beaucoup de légumes peu appréciés cuits le sont plus s’ils sont crus ou proposés en salade.
    Quel type de cuisson ? Plus le temps de cuisson est court, plus la vitamine C est préservée. Donc, la cuisson à la vapeur sous pression donne les meilleurs résultats. Si on réutilise l’eau de cuisson, les sels minéraux ayant diffusé dans l’eau ne sont pas perdus.
    Quelles quantités ? Il n’est pas possible de donner un ordre de grandeur, car ce sont avec ces aliments que l’enfant régule son appétit. Elles peuvent donc être différentes d’un jour à l’autre.

    les céréales et dérivés, les pommes de terre, les légumes secs. Ils ont en commun leur richesse en amidon lentement dégradés et assimilés au cours de la digestion sous forme de glucose. Ce sont des aliments énergétiques. Ils apportent des protéines, des sels minéraux, des vitamines du groupe B, des fibres.
    Quelle est leur place dans l’alimentation variée ? Les céréales doivent faire partie du petit déjeuner afin d’apporter suffisamment d’énergie pour compenser le jeûne nocturne et fournir à l’organisme le carburant nécessaire aux activités du matin. Les pains ou les biscottes sont les compagnons de tous les repas. Les pommes de terre, les pâtes, le riz, les légumes secs, la semoule sont l’alternative quotidienne au plat de légumes cuits.
    Quelles quantités ? Comme pour les légumes et les fruits, il n’est pas raisonnable de quantifier, car avec les féculents l’enfant régule son appétit.

    Les matières grasses Ce sont : le beurre et la crème fraîche, les margarines, les huiles.
    Quelle place donner aux matières grasses ? Quand les repas sont déjà riches en matières grasses invisibles (charcuterie, certaines pâtisseries), il vaut mieux, dans la journée, éviter les graisses visibles (mayonnaises, sauces, fritures). Il faut si possible changer d’huile assez souvent (olive, tournesol, colza, soja, …) afin de bénéficier des acides gras essentiels qu’elle contient en quantités différentes.

    Les produits sucrés Ces produits ne sont pas indispensables à l’équilibre nutritionnel. Il s’agit de sucre, de la confiserie, du miel, de la confiture, de la gelée, des produits qui en contiennent (chocolat, biscuiterie, sodas, entremets, …). La consommation de sucre est à moduler car elle peut facilement prendre la place des aliments indispensables et si les produits sucrés sont consommés entre les repas, les risques de caries augmentent.

    L’eau C’est la seule boisson indispensable. Quand l’enfant ne prend plus de lait de suite et si l’hiver il ne consomme pas d’agrumes en entrées ou en dessert, le jus de fruit frais ou surgelé peut être une source intéressante de vitamine C. En dehors de ce moment-là et des “ extra ” pour une fête, la consommation d’eau sans adjonction d’aucune sorte est à encourager dès le début de la vie.

Source : Marielle du Freysseix, Métiers de la petite enfance.