Carences et erreurs alimentaires

La nutrition ne va pas de soi ! Il faut certaines connaissances qui sont souvent transmises de génération en génération ou puisées dans des revues, des conseils de médecins, d’amis etc…)

 Dans l’ensemble nous avons des notions vagues provenant de sources différentes qui ne sont pas toujours les meilleures. Nos erreurs peuvent malheureusement avoir des conséquences sur la santé et le développement de nos enfants. C’est simple de bien donner à manger aux enfants. Il faut savoir demander conseil au pédiatre, ne pas s’offenser des remarques qu’il nous fait et savoir changer ses habitudes.

Le lait de vache est l’aliment idéal pour un veau ! Pour dire les choses autrement l’aliment idéal d’un enfant est le lait maternel car sa composition est idéale pour la croissance d’un enfant. Certains de ses composants ne pourront jamais être reproduits artificiellement : les anticorps (enzymes indispensables pour luter contre les infections) et le fer. La prise de poids pendant la grossesse sert à la préparation du corps à l’allaitement. C’est donc en toute logique que l’allaitement permet une perte de poids rapide après l’accouchement. Les éventuelles carences d’un enfant nourri au lait maternel peuvent être liées aux carences de la mère. Il faut donc faire attention a sa propre alimentation et éventuellement prendre des suppléments de vitamines, de fer, de calcium et surtout de la vitamine D (suivant le conseil du pédiatre bien entendu). Attention : allaitez jusqu’à 6 mois seulement et diversifier à partir de 4-5 mois. Au delà le lait maternel ne constitue pas un apport suffisant. De plus, pendant l’allaitement il est indispensable de supplémenter l’enfant en vitamine K qui permet la coagulation du sang et de la vitamine D, indispensable pour la croissance de l’enfant.

Quand on ne peut pas allaiter il faut pas culpabiliser pour autant. Il existe des lait maternisées. Les principales carences d’un enfant nourri avec du lait artificiel sont tout d’abord l’insuline et la cortisone (qui sont inutiles pour l’enfant) et, comme nous l’avons vu précédemment les anticorps et surtout des acides gras essentiels qui ne peuvent pas être fabriqués par le corps humain. Le cerveau de l’enfant se développe beaucoup au cours des premiers mois et il y a un certain nombre d’étapes à passer. Si la bonne molécule n’est pas disponible à ce moment là, elle sera remplacée par une autre, semblable mais forcement moins adaptée et les conséquences peuvent être plus ou moins apparentes au cours de la vie de l’enfant. Bref si vous ne pouvez pas allaiter vos enfants n’utilisez surtout pas du lait de vache mais des laits maternisés, étudiés pour apporter tout ce dont l’enfant a besoin. Ces laits sont enrichis en vitamines mais pas suffisamment. Il faut dont continuer à donner de la vitamine D jusqu’à 18 mois, pendant l’hiver jusqu’à 5 ans et à la puberté. Le fer contenu dans le lait de vache n’est pas utilisable par l’organisme humain. Or un enfant a des besoins très importants (8 fois plus que l’adulte). Les carences en fer ont des conséquences immédiates (l’anémie) mais aussi à long terme : problèmes de comportement, retard de développement etc. Il faut donc donner à l’enfant de la viande, un demi litre de lait par jour et des céréales enrichies en fer. A partir d’un an il faut donner à l’enfant du lait de croissance enrichi en fer et en acides gras essentiels. Dommage que ce produit soit si cher. Si toutefois vous décidez de passer au lait de vache, demandez à votre pédiatre de vous donner des suppléments pour palier au éventuelles carences.

Certaines erreurs sont liées au manque de connaissances des parents : – problèmes de dilution de lait : ajout d’eau, quantité de poudre utilisée, mesurettes inadaptées à la marque etc. Il faut donc utiliser la mesurette fournie par le fabriquant et mettre une cuillère rase, sans tasser, pour 30 ml d’eau. – problème de quantité : bébé mange 2 fois par jour ou seulement 3 fois. – aliment inadapté à l’âge : par exemple du saucisson sec à un bébé de 3 mois ou ajouter de la farine dans le lait. On peut élever un enfant sans farines (même des farines spécifiques aux nourrissons). Elles apportent trop de graisses inutiles. Si toutefois vous souhaitez lui en donner, n’en donnez surtout pas à tous les repas. Elles peuvent permettre de diversifier les goûts mais elles apportent des calories supplémentaires inutiles. Avoir un bébé joufflu n’est pas un gage de santé. – problèmes liés à la qualité : alimentation monotone, trop de protéines, trop de sucres. 2 cuillères de viande par jour sont suffisantes. 1/2 l de lait par jour apporte suffisamment de protéine. Évitez de donner des boissons sucrées. S’il a soif il boira de l’eau. Ce n’est pas une obligation. – problèmes liés la culture : peu de légumes, trop de raffinage (de sucre, de pain etc.) trop de saccharose. Réhabilitez les fibres et les féculents.

Certaines erreurs sont liées à la façon de donner à manger à l’enfant. Les parents sont souvent inquiets lorsque l’enfant ne mange pas. L’enfant s’aperçoit qu’il a des avantages quand il ne mange pas. Cela lui donne un certain pouvoir. On fini par lui donner que des aliments qu’il aime. On ne peut pas obliger un enfant à manger. Il ne se laissera pas mourir de faim et surtout il ne tombera pas malade s’il ne mange pas. Il faut préparer ses menus sans tenir compte des goûts de l’enfant. Jusqu’à 3 ans sa curiosité naturelle lui permet de goutter à tout. Laissez le prendre ses repas avec vous dès que possible. Le repas est un moment privilégié et familial. S’il ne mange pas, ne faites aucun commentaire, passez au plat suivant. N’essayez pas de remplacer la quantité de légumes qu’il n’aura pas mangé en lui donnant plusieurs dessers. Quoi qu’il arrive le repas ne doit pas durer plus d’une demi heure. S’il a faim au bout d’une heure, dites lui qu’il à mangé il n’y a pas longtemps et que le prochain repas est a tel heure. Évitez le grignotage entre les repas.

Pour finir, il est très important de faire des visites régulières chez le pédiatre (au moins tous les 6 mois) afin de bien suivre la croissance de l’enfant. Celui ci doit peser et mesurer l’enfant à chaque visite (s’il ne le fait pas changez de pédiatre).

Source : Conférence “Erreurs alimentaires de la naissance à trois ans” tenu lors du salon Parent premiers pas par le Docteur Olivier Moutarde, Unité de gastro-entérologie et Nutrition Pédiatrie, CHU de Rouen.